Jean-Claude Mokeni : « Les élections, c’est le vrai troisième dialogue attendu en RDC »

Tête-à-tête entre Nikki Haley et Joseph Kabila, processus électoral en panne, rapports avec les pays voisins… Jean-Claude Mokeni, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat congolais, revient sur les derniers rebondissements politiques en RDC. Interview accordée à Jeune Afrique.

Qui a dit des métis qu’il ne s’en trouvait que dans le camp anti-Kabila ? Cadre de la première heure du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation politique du chef de l’État congolais, Jean-Claude Mokeni, 46 ans, fourbit toujours ses armes pour le camp au pouvoir. Fils de métis, il refuse toutefois de montrer qu’il a été touché par la récente polémique sur une prétendue « République des métis » déclenchée dans le pays après les propos d’un conseiller du président de la République au quotidien français Le Monde. « Nous ne sommes plus à l’époque de la ségrégation ou de l’apartheid pour arguer du fait d’appartenance à une race pour disqualifier les uns et les autres à pouvoir briguer un poste », lâche tout de même le sénateur du Bas-Uélé, dans le nord-est de la RDC.

Depuis 10 ans, Jean-Claude Mokeni préside la commission des Affaires étrangères du Sénat congolais où, affirme-t-il, il n’a cessé de faire « la promotion de l’émergence des organisations régionales et sous-régionales » dans la recherche des solutions aux crises du continent. Une démarche qu’a fait sienne Léonard She Okitundu, ancien membre de ladite commission, dès sa nomination à la tête de la diplomatie congolaise. Si la stratégie paraît payante en Afrique, elle n’infléchit guère les positions des autres partenaires non africains de la RDC. En témoignent notamment les propos musclés envers Kinshasa tenus régulièrement par Nikki Haley, représentante américaine aux Nations unies.

Jeune Afrique : Rien n’a filtré des deux heures de tête-à-tête entre la diplomate américaine Nikki Haley et le président congolais Joseph Kabila fin octobre à Kinshasa. L’envoyée spéciale de Donald Trump a tout de même martelé que les élections doivent se tenir en 2018. Comment avez-vous reçu, au sein de la Majorité présidentielle (MP), cette déclaration ?

Jean-Claude Mokeni : À ce jour il n’y a eu aucun communiqué sanctionnant quelque point que ce soit de la visite de Nikki Haley en RDC. Les médias ne font que reprendre ses propos tenus à la sortie de son entretien avec les membres de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Mais il faut savoir que, dans le langage électoral, organiser les élections en 2018 ne veut pas dire tenir les scrutins en 2018. Car organiser les élections implique les opérations électorales : la publication des listes électorales, le dépôt des candidatures… Un calendrier électoral va bientôt après publié dans ce sens. Et chez nous, l’organisation des élections, ce n’est pas une compétence du président de la République mais celle de la Ceni.

Nous allons tenir un grand congrès qui va désigner notre candidat à la présidence de la République »

En l’état actuel de la Constitution, Joseph Kabila ne peut pas se représenter. Sa famille politique a-t-elle enfin trouvé son candidat à la présidentielle à quelques jours de la publication du calendrier électoral ?

Nous sommes prêts. Depuis janvier, la MP a lancé sa centrale électorale. C’est un message destiné à ses membres mais aussi à la population pour qu’ils se préparent aux élections. Dès que les dates seront connues, nous tiendrons un grand congrès qui désignera notre candidat président de la République. Mais avant la publication du calendrier électoral, il est prématuré que la MP puisse commencer à convoquer le congrès. Ce serait mettre la charrue avant les bœufs.

Lire l’intégralité de l’interview sur le site de Jeune Afrique.

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